La P.A.L.M. ou La Pêche A La Mouche

La pêche à la mouche est à la fois une activité de pleine nature, un loisir et un sport qui consiste à pêcher un poisson avec un leurre nommé mouche de pêche.

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Objet

La pêche à la mouche est à la fois une activité de pleine nature, un loisir et un sport. Elle permet de prendre de nombreux types de poisson (truite, ombre…) dans des milieux variés, (eau douce ou eau salée, rivières ou étendues d’eau).

Malgré l’essor et la popularisation au cours des années 90 de techniques innovantes permettant de pratiquer avec succès en mer ou sur les poissons carnassiers d’eau douce, elle reste encore traditionnellement associée à la pêche de la truite, de l’ombre ou du saumon atlantique en rivière.

    Cette technique de pêche de loisir est caractérisée par:

  • L’utilisation de mouches artificielles,
  • L’utilisation d’une ligne, appelée soie, dont le poids et l’épaisseur sert à propulser la mouche au moyen du lancer dit « fouetté ».

C’est ce mode de lancer qui distingue le plus cette technique de tous les autres modes de pêche et qui constitue sa spécificité.

Histoire

La première description écrite de pêche à la mouche se trouve dans le Natura Animalium, où Claude Élien (200 après J.C.) décrit une technique de pêche macédonienne consistant à leurrer des « poissons tachetés » (probablement des truites fario) à l’aide d’hameçons recouverts de laine rouge et cerclés de plumes de coq. Il est remarquable de constater qu’au xxie siècle c’est la même technique, pratiquement inchangée, qui permet aux « moucheurs » de leurrer des truites en imitant par exemple Ecdyonurus venosus (éphémère rougeâtre de la famille des Heptagéniidés).

La deuxième référence écrite est celle de Juliana Berners (ou Barnes ou Bernes, l’orthographe des noms en vieil anglais étant très difficile à déterminer aujourd’hui), abbesse de l’abbaye de Sopwell (Angleterre) au xve siècle : il s’agit d’ailleurs du premier écrit sur la pêche fait par une femme. Le Livre de St-Alban (Book of St-Alban) est une sorte de guide de savoir-vivre à l’usage de la noblesse : il traite donc des trois savoirs fondamentaux qui font « un homme de qualité », à savoir d’héraldique, de chasse (notamment de fauconnerie) et de pêche. Troisième partie du Livre de St-Alban, le Traité de pêche à la ligne a été imprimé pour la première fois en 1496, mais plusieurs exemplaires manuscrits lui sont antérieurs, dont le plus ancien date de 1425. Il est aujourd’hui couramment admis qu’il s’agissait déjà de la transcription d’un ouvrage antérieur, probablement une ode issue de la Cour d’Orange. Le Traité de pêche à la ligne décrit parfaitement les techniques à mettre en œuvre pour fabriquer douze leurres artificiels (imitant des insectes) appelés mouches.

C’est au xviie siècle que la littérature consacrée à la pêche à la mouche commence à s’étoffer vraiment, notamment avec les remarquables apports de Charles Cotton et de Izaak Walton.

Respect du poisson

Les moucheurs se réclament d’une pratique de pêche sportive, tant par l’aspect physique qu’elle nécessite, que par un état d’esprit particulier. La graciation ou no-kill en est une des nombreuses manifestations : une proportion croissante de moucheurs remettent à l’eau volontairement la majorité de leurs prises, même celles dépassant la taille légale de capture. Ce respect du poisson participe à une nouvelle approche qui séduit chaque jour davantage de pratiquants. Plus proche de la nature et du milieu, le moucheur profite de la pêche, de la rivière et des poissons (qu’il considère volontiers comme des partenaires de jeux) en oubliant complètement l’aspect alimentaire qui est traditionnellement lié à toute pratique halieutique. Parallèlement à la pêche en no-kill des parcours de pêche en no-kill ont vu le jour un peu partout en France pour permettre aux moucheurs et pêcheurs sportifs de pratiquer leur passion dans de meilleures conditions « suis-je aujourd’hui plus malin que le poisson » ou « est-ce le poisson qui est plus malin que moi » dans un esprit d’éthique et de respect « hameçon sans ardillon » et « épuisette obligatoire ».

Matériel

Tous les adeptes de la pêche à la mouche ont besoin de :

une canne ou « fouet », aujourd’hui en carbone. Pendant longtemps il s’agissait de cannes en bambou noir, le plus souvent en un seul brin, parfois avec une virole (donc en deux brins). Avec l’industrialisation et l’évolution de la qualité des colles, à partir de 1865, la canne en bambou refendu s’est peu à peu imposée. Son prix prohibitif a permis, dès 1965 à la fibre de verre de la supplanter, puis, vers 1990, au carbone de s’imposer ;

un moulinet qui joue à la fois le rôle de réserve de fil et de frein en cas de combat avec un poisson de taille importante. Il en existe de plusieurs types, manuels (simples ou démultipliés), semi-automatiques (citons notamment le Vivarelli) ou automatiques.

une soie qui est l’élément propulseur du leurre et qu’il faut « fouetter » pour obtenir une distance de lancer. Il en existe certaines qui sont naturelles (en soie) et qui demandent un peu d’entretien, mais la plupart sont synthétiques. La soie peut être flottante, plongeante ou intermédiaire : cela dépend des conditions de pêche, du poisson mais aussi des goûts ou des capacités de chacun. La soie peut adopter diverses formes, shooting head, double taper, weight forward voire « parallèle ».
Raccordé au moulinet d’un côté et à la soie de l’autre, on trouve le backing qui est une réserve de fil pour le cas où toute la soie serait sortie du moulinet (souvent avec des gros poissons). Au bout de la soie, on trouve le bas de ligne qui fait la transition entre la soie et la mouche. Celui-ci peut être conçu avec des nylons de différents diamètres raccordés entre eux, ou bien il peut s’agir d’une sorte de tresse de diamètre dégressif, voire, plus classiquement, d’un nylon de diamètre dégressif communément appelé « queue de rat ». Enfin, fixée à l’extrémité du bas de ligne, la mouche sera imitative (une nymphe, une noyée, une sèche, une émergente) ou incitative (un streamer).

Accessoires

Nombreux sont les accessoires du pêcheur à la mouche, outre le fameux chapeau à plumes remplacé de nos jours par une casquette ou une simple visière, l’équipement est composé d’un gilet lui-même affublé de nombreux petits outils ou accessoires. Le gilet permet de stocker les différentes boîtes à mouches, les bas de lignes ou les bobines de fils, les lunettes polarisantes trouveront également leurs places, elles permettront de pouvoir observer le poisson en cas de clarté de l’eau et d’ensoleillement suffisant. On pourra trouver dans le gilet une pince pour écraser un ardillon ou ôter un hameçon maladroitement planté dans un vêtement (ou dans la main), une pince coupe-fil, une aiguille pour déboucher un œillet, un produit hydrophobe pour permettre aux mouches sèches de flotter. Autre élément essentiel de l’équipement du moucheur : un pantalon de wading (WADERS) (sorte de salopette en matière imperméable qui permet de s’avancer dans le lit de la rivière) ou des cuissardes (bottes hautes).
Même lorsqu’ils pratiquent le no-kill, les moucheurs sont souvent munis d’une épuisette (à maille fine), qui leur permet de décrocher le poisson sans risquer de le blesser.

source : Wikipedia